Réfléchir sur le thème de ce congrès
"penser après Nietzsche", m'a conduite jusqu'au concept de la
Posmodernité, car, postmoderne, Nietzsche le fut dans plusieurs de ces
thèmes et de ses thèses. Beaucoup de ses affirmations, qui furent
de son temps scandaleuses, peuvent être considérées
aujourd'hui l'avant garde de cette manière d'envisager la vie et l'homme
qu'on appelle "postmoderne".
"Penser après Nietzsche", tel que je
l'interprète ici, ne signifie pas exactement le développement de
quelques-unes de ses idées, mais s'acheminer dans les voies qu'il a
ouvertes. C'est-à dire, penser d'une part sans les barrières
intellectuelles qu'il à détruites, et de l'autre accepter ses
nouveaux points de départ pour la pensée.
Dans ce sens, on peut parler de la Posmodernité surtout comme une logique
différente, une autre manière de penser, que j'expliquerai ici
comme un au-delà de la linéarité. Celle-ci peut-être
définie comme une vision de la connaissance intellectuelle en tant que
développement de conditions initiales déterminées, d'un
point de départ qui porte en soi le résultat. Ce serait donc l'application
de la déduction, très souvent à travers une méthode
mathématique, qui nous garantit l'invariabilité et l'universalité
d'un processus. Dans ce contexte, l'observation se comprend à partir
de l'expérimentation en laboratoire où les conditions de départ
ont un caractère notamment artificielles : on
isole un phénomène.
De ce point de vue, "observation" se comprend aussi comme sélection d'un
aspect qu'on considère essentiel et donc apte à définir
la réalité. La vérité devient alors, en tant que
point de vue privilégié, absolue
[1].
Cette
façon d'interpréter la science, le savoir en
général, correspond sans problème avec une
compréhension traditionnelle de la vérité comme
adaequatio, à partir de laquelle, certes, l'homme a jugé et
mesuré son savoir pendant des siècles, mais que la
Modernité mena jusqu'à l'extrême.
Le chemin de la philosophie commença avec la question sur la vérité
du monde, la vérité serait la réalité au sens propre.
Ce serait donc la question sur la "réalité du réel", la
recherche sur l'
αρχή et la
physis, qu'on pourrait
exprimer aussi en se demandant:
qu'est-ce qu'il y a au fond de ce que l'on
voit? Au temps de la
Scolastique la question devient celle de la
vérité même, pour aboutir, dans la Modernité, aux
conditions qui rendent possible une connaissance vraie (Kant), en déplaçant
la vérité vers le sujet.
Malgré son évolution, ce processus vers le "fond" de
la réalité, suppose toujours l'existence d'objectivités
données, bien dans le sujet même, bien au-dehors de lui, bien dans
les deux. En tout cas on suppose l'apriori d'une sorte de réalité
structurelle, complète et absolue, à laquelle on doit s'adapter
à travers l'activité intellectuelle et l'accepter pourtant comme
modèle:
veritas est adaequatio rei et intellectus.
Le
réalisme basait cette
adaequatio sur un premier sens, ontologique,
de
vérité
[2]:
la vérité de l'être, qui s'identifiait avec la
définition de l'essence (ou la définition tout court) à
laquelle devait s'assimiler, selon Thomas d'Aquin, le sujet. Cette
vérité ontologique était justement ce qu'il y avait au
fond, ou mieux encore, ce fond même, ce noyau explicatif de la
réalité. La Modernité changea le modèle du vrai,
mais pas la manière de penser.
Cette idée du réel était un lieu commun dans tous les domaines
du savoir; dans la physique, la métaphysique, l'histoire et l'éthique.
La réalité était "déjà faite", donc la vérité
devait être considérée une donnée, l'histoire et
la science son développement. La connaissance consistait alors à
en assumer l'être, comme une conséquence de sa découverte
[3].
C'est à cause de cela qu'il y a, selon Aristote, deux genres de vertus
[4]:
la
dianoétique et l'éthique. La première prend son
origine et se développe grâce à l'enseignement, la deuxième
est une habitude (
ethos)
[5].
Donc la deuxième seulement possède vraiment une relation avec
la volonté. L'action s'explique comme une trouvaille, comme une réussite
(
Erfindung), la connaissance par contre s'explique comme adaptation du
sujet à une réalité qui, dans un sens ontologique, lui
est imposée. Il est vrai que même Thomas d'Aquin, expliquait cette
relation entre la chose et l'intellect au-delà d'une simple identité
ou d'une copie tout court, puisqu'il parle du jugement comme lieu de la vérité,
mais toute sa
gnoséologie (et avec lui presque toute la philosophie
au long de l'histoire), se développait à partir de l'interprétation
de deux mondes finis (intellect-réalité), qui s'adaptaient l'un
à l'autre
[6], c'est-à-dire,
ayant comme point de départ la séparation aristotélicienne
entre
theorein (connaissance intellectuelle) et
praxis. Cette
division, qui a fondé la
gnoséologie et l'anthropologie
pendant des siècles, détermine comme conséquence aussi
toute interprétation de l'action.
La
Modernité, surtout après Kant, se propose de transformer l'action,
si loin que possible, en "action
scientifique"
[7].
C'est-à-dire la justification et l'explication de l'action à
partir d'un seul élément fondamental, universel et d'une
objectivité absolue. En somme l'interprétation de l'action
à partir de la "vérité" de la science. Cette connaissance
devrait nous conduire, grâce à une méthode
adéquate
[8],
au "fond" de la réalité: cette expérience "pure" de
nous-mêmes en tant que possibilité
(faculté)
[9].
C'est dans ce domaine, essentiel pour la compréhension de l'homme et
du monde, qu'il s'ouvre avec Nietzsche l’une des portes de ce qu'on appelle
"Posmodernité". Avec lui cette division entre la théorie et la
praxis, devient questionnable. La science (la philosophie) s'approche
de l'art, donc la connaissance de la vie. Nietzsche se moque de l'ambition de
la science d'atteindre un savoir absolu et du rôle donné aux mathématiques,
qu'il considère simplement comme un instrument parmi d'autres pour la
connaissance
[10]. Pour lui le savoir
ne peut être que vivant, mélangé donc dans l'homme avec
toutes ses autres capacités, avec ses songes et ses nécessités.
Car pour le philosophe, dira t-il, il n'est pas possible de séparer l'âme
du corps
[11] et avec celui-ci (le
corps) tout ce qu'il apporte de variabilité et d'individualité
devient inséparable de notre rapport avec le monde et bien sûr
de la connaissance. D'une certaine façon, Nietzsche retourne vraiment
à la science telle quelle fut comprise en Grèce: la science comme
savoir, centrée sur l'homme, bien qu'avec une idée de la liberté
(
autarquia) à partir du pouvoir, qui l'approche finalement des
modernes, il essaye de marquer les différences
[12].
Cette
idée nietzschéenne du savoir, aboutit nécessairement au
dépassement de l'objectivité, soit-disant scientifique, en
approchant la science de l'art et de la vie, de la créativité et
du jeu. Pour Nietzsche ce n'est plus l'axiome universel et objectif le seul
point de départ pour la connaissance de la réalité, mais
l'individu, parfois même compris comme "le seul", car pour Nietzsche,
comme pour Kierkegaard, l'exception sera la mesure de
l'homme
[13].
L'homme exceptionnel n'est pas celui qui atteint une connaissance plus profonde
des lois universelles, mais celui qui possède une vision personnelle des
valeurs et de la
réalité
[14].
Ainsi, l'individualité et la corporalité nous conduiront à
révoquer l'idée du "fond" du
réel
[15].
Pour Nietzsche "la réalité du réel" n'est que le mensonge
du
poète
[16].
Petit à petit, la compréhension traditionnelle de
vérité vieillit.
"
J'attends encore, qu'un
philosophe-médecin dans un sens exceptionel des mots (...) aura un jour
le courage de mener mon intuition jusqu'au bout et sera capable de dire:
jusqu'à nos jours, toute l'activité philosophique ne s'occupait
pas du tout de la vérité, mais d'une autre chose, qu'on pourrait
appeler: santé, futur, croître, pouvoir,
vie..."
[17].
Donc "vérité" serait plutôt une manière de vivre et
de penser qu'un modèle théorique. "
L'importance d'avoir
pratiqué pendant un temps la science durement —dit-il dans son
oeuvre "Humain trop humain"—,
ce n'est justement pas les
résultats,(...) mais l'accroissement de l'énergie, de la
capacité d'en sortir des conséquences, de la continuité de
la résistance, qu'on ait appris à poursuivre une
fin"
[18].
Dans ce contexte, l'affirmation hegelienne: la vérité ne se trouve
que dans la totalité, perd son sens. L'obsession de totalité définissait
une manière de penser, mais pour Nietzsche, c'est au contraire dans l'inachevé
que se trouve la beauté, car dans l'art comme dans la science l'important
n'est pas le résultat objectif, mais l'activité même. À
quoi bon cette connaissance qui aspire à la totalité, à
épuiser le réel?
[19].
Nietzsche par contre nous décrit un poète qui ne dit jamais complètement
ce qu'il voudrait dire, ce qu'il aurait voulu voir. Sa renommée provient
justement de ne pas être arrivé au but
[20].
Comme beaucoup de théoriciens de l'action aujourd'hui, il prétendait
que cet inachèvement est la condition de possibilité d'un "toujours
plus loin". Il n'y a plus de place pour des affirmations comme celle de Hegel,
après moi c'est la folie
[21].
Tout
cela nous rendu possible, aujourd'hui, de comprendre la vérité
d'une autre façon. La science, à un certain niveau, ce ne sont que
des interprétations et donc l'objectivité doit être aussi
comprise, et dans tous les domaines, d'une autre
manière
[22].
Le
mépris de Nietzsche en référence à l'exactitude et
sa compréhension d'un savoir qui abolit les barrières entre la
philosopie et l'art, nous approche de l'idée de la science plutôt
comme action que comme activité purement intellectuelle, Nietzsche nous
parle d'une connaissance définie par le
courage
[23].
Ainsi
le résultat n'est jamais contenu dans le point de départ. De nos
jours la théorie mathématique du chaos l'affirme en niant la
linéarité des processus physiques, on pourrait même dire
qu'elle nie le principe de causalité, tel qu'il a été
compris jusqu'ici. Dorénavant, on n'a pas besoin d'un autre regard, ni
d'autres vertus pour nous approcher et comprendre la science et l'art. Cela
comporte que désormais le "bon" et le "vrai" ne seront pas deux
catégories différentes qui se correspondent avec des mondes
intellectuels indépendants.
Wolfgang Pauli, qui reçut
le prix Nobel de physique en 1945, affirme dans son livre "Ecrits de physique et
de
philosophie"
[24]
que, dans le cadre d'un nouveau modèle pour la pensée, on ne
suppose plus ce sujet objectif présent dans les idéalisations
classiques, mais quelqu'un qui provoque en observant une situation nouvelle.
Ainsi chaque observation serait
unique
[25].
Pour lui, la science du futur serait l'union de la psychologie et de la
physique, qui fut autrefois le but de l'alchimie , et l'intégration de
l'élément subjectif dans la physique donnerait comme
résultat la vraie objectivité. Le rôle que joue alors le
sujet en microphysique est totalement différent de celui qu'il jouait
dans la physique traditionnelle, car aujourd'hui "observation" s'approche de
"transformation"
(
Wandlung)
[26]..
Pour Pauli l'observation objective, au sens classique, est définitivement
abandonnée: dans la physique atomique, physique et psychologie se
rapprochent. Ce point de vue, Nietzsche l'avait déjà
défendu à plusieurs reprises : les phénomènes de
l'âme sont aussi, et même principalement, la
réalité
[27].
Cela
suppose que l'idée d'objectivité comme isolement d'un
phénomène n'ait plus la bénédiction de la science.
Aujourd'hui on écoute Karl Popper avec normalité nous dire que le
développement de la science se doit fondamentalement à ses
échecs. Ceux-là s'enracinent dans des simplifications de la
réalité, car "échec" signifie justement l'absolutisation
d'un seul point de vue, qui, finalement et à travers son
développement même, nous montre ses limites en tant que
théorie scientifique.
La vérité aujourd'hui n'est
donc, même pas pour la physique, une donnée absolue. La
vérité, d'une certaine façon, on la crée, on la
compose à partir d'un point de vue théorique et bien sûr
aussi à partir d'objectivités. C'est-à-dire on la compose,
c'est vrai, à partir de points de départ acceptés et
prouvés, qui jouent un rôle certes très important comme
indications des limites de la théorie, comme les phares pour un marin.
Mais il n'y a aucun "fond" où l'on puisse trouver la
vérité, ce sont des "...données qui agissent comme
témoins de la matière et de l'énergie au sens physique"
comme le dit
Pauli
[28].
Popper affirme aussi que la base empirique de la science n'a rien d'absolu, il
n'y a aucun fondement naturel qui nous soit
donné
[29].
Ainsi, depuis 1930, la science ne parle plus de lois déterministes, mais
de lois probabilistes.
Cette idée "du fond" que l'idéalisme
interpréta à travers Luther en disant que "la vérité
est l'intériorité", n'est qu'un faux reflet de notre besoin de
sécurité. La vérité n'est que la vie qui se projette
dans le futur. À l'origine on ne trouve rien qui ne soit à chaque
instant devant nous, c'est ça le vrai
αρχή :
le sens du présent. Et le présent n'a un sens que s'il est capable
de "composer" un futur. Comme le disait Heidegger, l'essence de la
vérité c'est la
liberté
[30].
Dans
la science, comme dans l'art, la vérité est très
près de la composition et de l'interprétation. Pour Nietzsche la
Philosophie est un chemin, et ce chemin signifie la transformation continue. La
philosophie, disait-il, est justement l'art de la
Transfiguration
[31].
"Développement" donc ne signifie pas, comme l'aurait dit Hegel,
l'épanouissement d'un principe, mais comme Pauli le décrit,
création d'idées toujours nouvelles et capables de s'adapter aux
objets extérieurs qui se présentent comme "témoins" de la
matière et l'énergie. On bouge dans le terrain de
l'hypothèse, donc on doit être ouvert à de nouvelles
possibilités logiques et empiriques, mêmes si elles ne sont pas
prévues dans le
système
[32].
Comme
Nietzsche l'avait prévu, cet "état des choses" approche la science
de l'art. Umberto Eco dans son étude sur l'art contemporain "l'oeuvre
ouverte"
[33],
affirme: toute forme artistique peut être comprise comme métaphore
épistémologique de la connaissance scientifique, car dans chaque
époque la manière de l'art de structurer les formes n'est qu'un
reflet du point de vue de la science —ou peut-être simplement de la
culture de
l'époque
[34].
Selon Eco, si l'art de toutes les époques consiste à provoquer des
expériences qui sont volontairement incomplètes, subitement
interrompues, afin de provoquer notre tendance naturelle à la
plénitude
[35],
l'art contemporain mènerait cette intention à l'extrême, de
façon que la réception du message ne s'identifie plus avec la
précision de ce qu'on attend, mais avec l'attente de
l'inespéré
[36].
Et, cette oeuvre d'art, il l'appelle "ouverte" car elle situe l'infini au centre
même du
fini
[37].
L'expérience ne peut jamais épuiser l'objet, le connaître en
plénitude car entre l'objet et le sujet s'établit une influence
mutuelle
[38],
donc cette réalité qu'on voit ne peut pas être
réduite à un nombre fini de ses manifestations, étant
donné que chacune d'elles dépend du sujet qui se transforme sans
cesse
[39]. De
nos jours, dira-t-il, la vitalité (comme contraposition à la
forme) est considérée comme supérieure à la
beauté, qui fut toujours comprise comme
"forme"
[40].
Finalement,
on pourrait dire que la science, comme l'art, ne cherche plus à
connaître la nature, mais à la créer. Les oeuvres de Orlane
ou de Sterlac ont beaucoup de similitudes avec l'ingénierie
génétique. C'est-à-dire, si auparavant l'action
était comprise à partir de la science, aujourd'hui c'est
plutôt à partir de l'action qu'on comprend la science.
Si le
dépassement des limites techniques, au contraire de ce qu'on aurait pu
prévoir, approche la science de l'art et de la philosophie, les questions
sur le sens et les limites de l'action deviennent alors prioritaires. Atteindre
"le fond" de la réalité, ce n'est plus un problème, mais le
sens qu'on lui donne: le jusqu'où, le pourquoi. La science est maintenant
pleine de problèmes éthiques, l'éthique de problèmes
scientifiques, l'art s'identifie souvent avec des problèmes techniques et
vice versa. La théorie en conséquence se débat
aujourd'hui parmi une multitude de décisions, comme auparavant les
décisions parmi des problèmes de connaissance. Selon quoi, on
devrait plus souvent juger la science comme "bonne" que comme "vraie". L'aspect
éthique de la science est de plus en plus évident.
On
dit souvent que la Posmodernité se caractérise par son
éclecticisme, qui se reflète dans la multidisciplinarité et
l'annulation des barrières. C'est un fait que la globalisation n'est pas
seulement un fait économique ou technologique. On peut bien dire alors
qu'on est retourné à un humanisme, et à une
prééminence de l'art comme dans la Renaissance, bien qu'on entende
sans cesse établir la mort de l'art et de l'humanisme, mais de nos jours
on les voit croître sans arrêt, plus comme une réponse
à la nécessité de sens que comme un idéal
scientifique.
[1] Par
exemple, définir l'homme comme "animal rationnel" signifie
l'interprétation de celui-ci à partir de la rationalité et
celle ci comme faculté isolée. De nos jours, la science nous a
montré que ce point de vue unique est une abstraction, car l'intellect
est toujours inséparable de notre expérience, de notre
corporalité, de notre affectivité, de notre héritage
génétique etc. Ainsi par exemple l'interprétation que
Descartes fit de l'homme et sa corporalité est aujourd'hui
invraisemblable.
[2]
Cf. AQUIN, T.,
De Veritate, q. 1, a
1c.
[3] Cf.
De Veritate q.1,
a1c.
[4]
"Vertu" comprise comme action
correcte.
[5]
Cf. ARISTOTE,
Ethique à Nicomaque, II, 1103a
15-20.
[6]
En suivant Aristote, il affirmait: "
adaequatio intellectus et rei, secundum
quod intellectus dicit esse quod est et non est quod non est" (
Summa
contra Gentiles, lib. I, c.
59).
[7]
"...
Unter dieser Methodenlehre —der reinen praktischen
Vernunft—
wird die Art verstanden, wie man den Gesetzen der reinen
praktischen Vernunft eingang in das menschliche Gemüt Einfluß
auf die Maximen derselben verschaffen, d.i. die objektiv-praktische Vernunft
auch subjektiv praktisch machen können" (KANT, I., KPV II, A269, 270,
stw VII, Frankfurt a.M. 1989, p.
287).
[8]
"...
In Ermangelung der Mathematik aber ein der Chemie ähnliches
Verfahren der Scheidung des Empirischen von Rationalen...". (KANT, I., KPV
II A291, op. cit. p.
301).
[9]
"
Aber diese Beschäftigung der Urteilskraft (...) ist noch nicht das
Interesse an den Handlungen und ihrer Moralität selbst.(...) wodurch der
Lehrling doch auf das Bewußtsein seiner Freiheit aufmerksam erhalten
wird" (KANT, I., KPV II A286, 287, op. cit. p.
298).
[10]
"
Die Mathematique ist nur das Mittel der allgemeinen und letzten
Menschenkenntniss" (NIETZSCHE, F.,
Fröhliche Wisenschaft, III,
§ 246, dtv, KSA 3, München, 1967-1988, p.
515).
[11]
"
Es steht uns Philosophen nicht frei, zwischen Seele und Leib zu trennen, wie
das Volk trennt, es steht uns noch weniger frei, zwischen Seele und Geist zu
trennen". (NIETZSCHE, F.,
Die fröliche Wissenschaft, Vorrede 3,
26-28, op. cit. p.
349).
[12]
Die Wahrheit hat die Macht nöthig.— An sich ist die Wahrheit
durchaus keine Macht, —was auch immer des Gegentheils der
schönthuerische Aufklärer zu sagen gewohnt sein mag!— Sie muss
vielmehr die Macht auf ihre Seite ziehen oder sich auf die Seite der Macht
schlagen, sonst wird sie immer wieder zu Grunde gehen! Diess ist nun genug und
übergenug bewiesen! (NIETZSCHE, F.,
Morgenröthe §
535, op. cit. p.
306).
[13]
Cf. NIETZSCHE, F.,
Die fröliche Wissenschaft, Vorrede 2, op. cit. p.
347.
[14]
Ib. I, § 3, p.
374ss.
[15]
Ib. Vorrede 2, 15 ss. op. cit. p. 348, et Vorrede, 4, 20 ss. p.
352.
[16]
Cf. NIETZSCHE, F.,
Menschlich all zu menschlich II, dtv KSA 2,. p.
394.
[17]
Cf.
"Ich erwarte immer noch, daß ein philosophischer Artz im
ausnahmsweisen Sinne des Wortes (...) einmal den Muth haben wird, meinen
Verdacht auf die Spitze zu bringen und den Satz zu wagen: bei allem
Philosophieren handelte es sich bisher gar nict um "Wahrheit", sondern um etwas
Anderes, sagen wir um Gesunheit, Zukunft, Wachstum, macht, Leben..."
(NIETZSCHE, F.,
Die fröliche Wissenschaft, Vorrede, 2, op. cit. p.
349. Traduction propre. Cfr.
Menschliches, Allzumenschliches I, §
251).
[18]
Cf. "
Das Können, nicht das Wissen, durch die Wissenschaft
geübt", NIETZSCHE, F.,
Menschliches, Allzumenschliches I, §
256, op. cit. p.
212.
[19]
"
Heute gilt es uns als eine Sache der Schiklichkeit, daß man nicht
alles nackt sehen, nicht bei Allem dabei sein, nicht Alles vestehen und
"wissen"". (NIETZSCHE, F.,
Fröhliche Wissenschaft, Vorrede 3,
§ 10, op. cit.
352).
[20]
"
Reiz der Unvollkommenheit-(...) Sein Werk spricht es niemals ganz aus, was
er eigentlich aussprechen möchte, was er gesehen haben möchte (...) Es
kommt seinem Ruhme zu Gute, nicht eigentlich an's Ziel gekommen zu sein",
(NIETZSCHE, F.
Die fröhliche Wissenschaft II, § 79, op. cit. p.
434).
[21]
Cf. NIETZSCHE, F.,
Morgenröthe, § 542, op. cit. p.
309.
[22]
NUSSBAUM, M.,
Poetic justice, Boston, 1995. Nussbaum, aujourd'hui
professeur de déontologie juridique à l'université de
Chicago, cherche une autre voie pour le jugement "objectif", une autre vision de
l'objectivité, qui nie justement la distance entre le sujet et
l'objet.
[23]
Cf. NIETZSCHE, F.,
Fröhliche Wissenschaft I, § 51, op. cit, p.
415.
[24]
PAULI, W.,
Escritos sobre física y filosofía, Debate,
Madrid,
1996.
[25]
Cf Ib. p.
35.
[26]
Cf. Ib. p. 21
ss.
[27]
Cf. NIETZSCHE, F.,
Morgenröthe § 539, op. cit. p. 308:
"
gehört nicht Wärme und Schwärmerei dazu, einem Gedankendingen
Gerechtigkeit zu
schaffen?".
[28]
Cf. PAULI, op. cit. p.
37.
[29]
POPPER, K.,
La lógica de la investigación
científica, Técnos, Madrid, 1994, p.
106.
[30]
Cf. HEIDEGGER, M.,
Vom Wesen der Wahrheit, Vittorio Klostermann,
Frankfurter a.M., p,
13.
[31]
"...Die Kunst der Transfiguration ist eben Philosophie". (Cfr. NIETZSCHE,
F., Die fröhliche Wissenschaft, Vorrede 3, op. cit. p.
94.
[32]
Cf. PAULI, op. cit. p.
37.
[33]
ECO, U.,
La obra abierta, Ariel, Barcelona,
1990.
[34]
Cf., ECO, op. cit.
p.89.
[35]
Ib. p.
175.
[36]
Ib. p.
183.
[37]
Ib. p.
93.
[38]
Ib. p.
171.
[39]
Ib. p.
92
[40]
Ib. p. 215.