Morgan Gaulin
Le Noeud
Remarque sur le panthéisme de Schleiermacher
« Il faut supporter le vent que font souffler les
dieux
sans se plaindre de la fatigue. »
(Marc-Aurèle, Pensées, VII)
Introduction
S’opposant aux nombreuses théologies idéalistes de
la distance -théologies d’obédience théiste-, théologie
de Schelling, par exemple, mais aussi de Hölderlin; théologie pessimiste
du retournement, de la retraite de la divinité; «
Qu’est
Dieu? Inconnu »
[1] répond
Hölderlin, Schleiermacher s’efforce de penser ensemble et simultanément
les signes indirects, les phénomènes, laissés dans notre
esprit par le Tout-Puissant, et sa souveraineté. Qu’est Dieu?
Le Connu-Inconnu,
l’,< 6∀4 Β∀<, l’Un
et Tout, répond Schleiermacher; formule qui, déjà présente
dans la première édition des
Discours sur la religion de
1799, constitue, selon nous, la solution ultime adoptée par Schleiermacher
afin
de répondre aux accusations de panthéisme qui lui sont adressées, à partir
de 1821, par des théologiens tels que Bretschneider ou Tzschirner. Nous
verrons que cette solution annonce ce que Schleiermacher nommait, dans ses
brouillons sur la dialectique de 1814-1815, la
corrélation entre
Dieu et le monde. Ce rapport de corrélation implique, tel que nous le
démontrerons, qu’aucunes oppositions ne peuvent être subsumées,
comme c’est le cas dans le panthéisme « ordinaire »,
sous un principe d’identité. Ainsi, Schleiermacher apparaîtra
comme un penseur du
double-bind, du rapprochement de la divinité et,
simultanément, de son éloignement, sans pour autant, croyons-nous,
se détourner complètement de toutes tendances panthéistes.
L’expérience humaine de Dieu
À propos de la divinité, et de sa relation aux hommes, Schleiermacher
en appelle, dans sa
Glaubenslehre,
[2] à une
réévaluation critique des deux grands modes de présence
de Dieu (théisme et panthéisme). Dans la
Glaubenslehre,
suivant les principes de sa philosophie de la religion tels qu’il les a
exposés dans ses
Discours sur la religion, en 1799, Schleiermacher
explique que Dieu est, en définitive, l’objet de l’expérience
chrétienne, et non le contraire. L’herméneutique théologique
débute et se fonde donc, sur l’expérience religieuse humaine,
et non sur le seul acte de la volonté toute puissante de Dieu. Lorsque
Schleiermacher restreint de la sorte le langage théologique à un
postulat de l’expérience du sujet religieux, cela n’implique
pas, par-contre, que dans cette expérience ce soit quelque chose de moins
que Dieu lui-même qui apparaisse. Soutenir la position contraire, ce serait
retomber dans une tradition théologique spéculative, de type origénienne,
selon laquelle le Dieu de l’expérience humaine est nécessairement
moindre que le Dieu transcendant. Selon cette position, en effet, l’expérience
religieuse des hommes, serait dégradée. Nous devons d’ailleurs
signaler que la dépréciation de cette expérience humaine
renvoie indéniablement à Platon, pour qui l’Un est toujours
positionné par-delà l’être et son expérience,
et à Thomas D’Aquin, selon lequel l’essence divine ne peut,
en aucuns temps, être connue à partir de ses manifestations empiriques.
Schleiermacher rejette fermement cette tradition en refusant le postulat selon
lequel il y a plus en Dieu que ce que ses manifestations peuvent laisser paraître.
Selon une méthode phénoménologique, comme celle qu’adopte
Schleiermacher, il est difficile d’opérer une distinction de ce
genre entre les attributs de Dieu, et son essence; car, cette distinction a nécessairement
pour effet de rende les propositions linguistiques à propos de Dieu futiles,
obscures, et sans réelle portée. En ce sens, Schleiermacher se
rattache plutôt à la tradition du sabéllianisme, selon laquelle
la manifestation de Dieu en tant que Trinité coïncide exactement
avec l’essence divine. D’une manière plus précise,
Schleiermacher trouve dans le personnage de Marcellus d’Ancyre
1[1] une
figure exemplaire; pour ce dernier, le Verbe de Dieu, son
logos, est consubstantiel à Dieu
lui-même.
1[2] Le
logos, selon
cette tradition post-nicéenne, est co-éternel et co-égal à Dieu.
Schleiermacher présente donc, dans un premier temps, et à la suite
de Marcellus, le Dieu caché et le Dieu révélé comme étant
une parfaite coïncidence des opposés. Pour démontrer cette
thèse, il interprète le concept nicéen d’
homoousios[0] comme
signifiant cette parfaite coïncidence. Le Christ est l’équivalent
de Dieu puisque le Dieu révélé est
l’homoousios du
Dieu caché. Dans l’incarnation, donc, rien de l’essence de
Dieu n’est retenu, ou mis de côté. Dieu, et le Sauveur, sont
le même Être, mais en deux modes d’existence distincts. En
cela, il nous est possible d’affirmer que Schleiermacher se distingue aussi
d’Origène, et de la tradition origénienne en général,
en ce que celle-ci conserve des distinctions entre le Fils, l’Esprit, et
le Père. Le Dieu incarné, le révélé, est donc
absolument consubstantiel à Dieu lui-même et, ainsi, il est possible,
pour le sujet croyant, de connaître Dieu sur la base d’une phénoménologie
de la religion. À partir de la doctrine de la coïncidence du Dieu
révélé et caché, nous pouvons alors tenter de comprendre
plus spécifiquement l’herméneutique théologique de
Schleiermacher. Puisqu’il fonde cette herméneutique sur l’expérience
humaine (le sentiment et l’intuition de Dieu), il nous est donc permis
de parler d’une approche ontologico-phénoménologique de Dieu; à partir
de cette expérience d’un Être suprême donné aux
sens humains, Schleiermacher construit alors une véritable doctrine de
Dieu. Selon cette approche, le dualisme entre l’essence infinie de Dieu,
et ses prédicats finis, est aboli; ce qui est donc formulé en tant
que prédicat de Dieu est, simultanément, une formulation qui convient
tout à fait à Dieu lui-même; car, selon Schleiermacher, Dieu
ne possède pas ses attributs, il
est ses attributs. Schleiermacher
s’efforce donc ici de dépasser le registre médiéval
de l’analogie en postulant une possible identité entre les contraires.
L’être de Dieu correspond donc à son essence, et de cette
manière, Schleiermacher peut donc réfuter la position qu’avait
adopté avant lui Friedrich Jacobi; à savoir, que l’infini,
qui est Dieu, ne possède aucune individualité, qu’il est,
en somme, indéterminé, vague et sans contour et que, suivant ceci,
notre représentation de Lui devrait être elle-même déterminée
par le néant.
1[4]
Ainsi, Schleiermacher met non seulement l’emphase sur le sentiment et
l’intuition (
Gefühl und Anschauung), capables tous deux de
situer l’homme dans une position de connaissance véritable - bien
que limitée -, quant à Dieu; mais, en plus, il permet au sujet
religieux d’atteindre à une connaissance non pas strictement négative
de Dieu, mais bien positive. Il est donc possible pour l’homme de produire
un savoir à partir de ce qu’il intuitionne à propos de
cette présence divine qui l’habite. En des termes strictement
platoniciens, la doctrine schleiermachérienne de Dieu rend compte du
fait que l’homme
participe vraiment de Dieu et qu’il n’est
pas écrasé par Lui. Par-contre, Schleiermacher arrive, simultanément, à dépasser
ce registre platonicien de la participation
1[5];
car, s’il ne s’agissait que de participation, il devrait nécessairement
retomber dans une théologie négative, puisque selon cette doctrine
platonicienne, les manifestations phénoménales ne sont jamais
considérées comme l’équivalent des choses même,
des
ta onta. Du point de vue de la philosophie du langage, les mots,
selon Platon, sont irrémédiablement moindres; le mot « être» ,
par exemple, ne saurait être l’équivalent de l’être
lui-même, comme le Fils, ou le Verbe, ne pourraient être l’équivalent
du Dieu lui-même.
1[6] Schleiermacher,
au contraire, fait du Verbe l’équivalent de Dieu, comme si, au
fond, l’extériorité se rapportait directement et pleinement à l’intériorité.
Ce principe théologique nous croyons qu’il est celui qu’il
exporte dans son herméneutique générale; le rapport entre
la pensée et le langage s’en trouve modifié profondément
puisque ce principe sous-entend que le mot s’équivaut à ce
que Jacques Derrida a nommé le vouloir-dire
1[7].
Nous ne pouvons approfondir cette réflexion ici, c’est pourquoi
nous renvoyons notre lecteur aux beaux développements d’Andrew
Bowie dans son introduction à l’herméneutique de Schleiermacher.
1[8]
La présence du propre dans l’étranger, et de l’étranger
dans ce qui m’est propre, la possibilité de rapprocher dialectiquement
les oppositions, de réunir la divinité à un être
empirique, renvoie à la doctrine christologique de Schleiermacher.Selon
celle-ci, il est possible pour le croyant de connaître Dieu
en Jésus
Christ parce que ce dernier s’est fait homme. De la même manière
qu’il nous est possible de comprendre une pensée, un vouloir-dire, à partir
du langage dans lequel celui-ci est exprimé, car rien du sens d’une
pensée n’est perdu dans son expression écrite ou orale
comme, d’ailleurs, rien de la divinité de Dieu n’est perdu
en son Fils. Schleiermacher se rattache alors à la théologie
de la Croix de Martin Luther. Pour ce dernier, une théologie de la Croix
constitue le centre d’une véritable expérience humaine
de la révélation, et s’oppose à une position abusivement
spéculative, voire gnostique, comme celle d’un Schelling, qui
ne prend pas suffisamment en compte les possibilités de la conscience
religieuse des hommes. Luther conteste, en général, la tradition
théologique partant du personnage biblique Philippe. Selon les philippiens,
il est tout à fait possible de connaître Dieu en dehors du Christ,
mais, Jésus, rappelle Luther, répond à Philippe que « Qui
m’a vu a vu le Père. »
1[9] Selon
Luther, le théologien de la Croix est celui qui, par sa foi, est capable
de discerner la présence de Dieu dans sa révélation en
Jésus Christ. Cette connaissance de Dieu, à partir de son incarnation,
est néanmoins relativisée puisque ce dernier rappelle, très
tôt, que Dieu demeure tout de même un peu caché. Dieu n’est,
semble-t-il, pas
immédiatement reconnaissable comme tel en Jésus
Christ Crucifié. Luther dira, en ce sens, que c’est non pas le
visage de Dieu qui nous est révélé, mais son
posteriora
Dei (le dos de Dieu) qui est rendu visible.
1[3] Il
y a donc, chez Luther, une relativisation de l’apparition de Dieu en
son Fils. Schleiermacher retient, selon nous, une partie de ce principe christologique
afin de construire son herméneutique théologique. Mais, il dépasse
aussi Luther, pour qui la révélation de Dieu aux hommes demeure
un problème spécifique de la foi et non, précisément,
une question qui puisse déboucher sur la structure de la conscience
humaine; Schleiermacher, contrairement à son prédécesseur,
découvre dans la personne de Jésus Christ ce qu’il nomme
une parfaite conscience de Dieu;
Le Sauveur donc, en vertu de sa nature humaine, est comme tous
les hommes mais il s’en distingue aussi par la puissance de sa conscience
divine qui existait véritablement en lui.
1[4]
Schleiermacher commence donc par intérioriser la problématique
telle qu’elle est présentée chez Luther. La consubstantialité des
deux personnes, que sont le Père et le fils concerne, selon lui, la
conscience interne de Dieu en rapport avec la conscience de chaque individu.
Le problème majeur, pour l’herméneutique de Schleiermacher
est que, même lorsqu’elle se veut fidèle au
Gefühl (au
sentiment), ou à l’Écriture Sainte en tant que conscience
du Christ pour le Père, elle demeure toutefois affectée d’un
conceptualisme. Le discours théologique ne peut donc rester totalement
fidèle à l’expérience pieuse du Christ parce que
son style ne correspond pas parfaitement à l’expérience
de la piété intérieure de l’intuition et du sentiment.
Le discours ordinaire de la théologie, et de la philosophie, le discours
conceptuel, en construisant des formules logiques, fait violence au sentiment
et à l’intuition et ne peut donc correctement traduire le contenu
de ces expériences. Le genre poétique, au contraire, s’attache à produire
des images de nature subjective, en accord avec le sentiment et l’intuition,
qui engendrent, par la suite, une conscience de la présence de Dieu
en nous. Au lieu, donc, de privilégier une subjectivité contrainte
par la logique, la poésie permet l’élaboration linguistique
d’une subjectivité libre, d’un sujet qui soit pleinement
en accord avec son sentiment et son intuition de piété. Schleiermacher
dira dans ce sens que le langage poétique est directement connecté (
Zusammenhang)
aux images mentales.
1[5] Ce
qui est en cause ici c’est ce que Marcel Conche a nommé le langage
d’entendement, le langage des idées claires et nettes, celui qui
est, au fond, toujours tranché. Mais voilà, afin d’exprimer
Dieu, ce langage est inadéquat, car il demeure trop simpliste et est
ainsi incapable de saisir la riche complexité de la transcendance. Dieu
est tout, or le langage conceptuel ne peut exprimer cet être-tout. Héraclite
parlait de
ΦΛ<ςΡ4,Η , de noeuds; ceux-ci,
croyait-il, sont capables de relier ce qui s’oppose, d’unir, sans
les faire disparaître, les contraires. Lorsque Héraclite construit
des paires d’oppositions (jour-nuit, hiver-été, etc.),
il montre, par le fait même, que chacun des termes passe dans son opposé.
Le noeud représente donc le mouvement de va-et-viens entre les polarités.
Schleiermacher nomme ce va-et-viens une oscillation ou une corrélation,
c’est elle qu’il tente de mettre en lumière lorsqu’il
travaille à redéfinir le panthéisme.
1[6]
Un autre panthéisme
Ce qui nous semble urgent de souligner, pour notre propos, c’est d’abord
la controverse autour de ce que l’on nomme le panthéisme de Schleiermacher.
Panthéisme qui s’exprime d’abord dans son christocentrisme.
Si, en effet, le propre contient en lui la totalité de l’étranger,
l’immanent résume en totalité l’étendue de
la divinité -en acte, mais aussi en conscience- et si, de même,
d’un point de vue herméneutique, la partie se confond au tout,
comme, analogiquement, le Fils signifie totalement le Père, alors l’un
des termes de l’opposition risque de se perdre dans l’autre, et
son statut risquerait alors de s’effacer, nous renvoyant donc à une
impossibilité de produire des distinctions et, donc, de produire du
savoir. Voilà donc en quoi consiste le danger de panthéisme,
inhérent à la théorie jusqu’ici avancée par
Schleiermacher. Si l’individuel se résorbe entièrement
dans l’universel, comment le premier peut-il alors prétendre avoir
une véritable relation avec le second? Si le Christ contient en lui
une parfaite conscience de Dieu, lui reste-t-il quelque chose qui lui soit
particulier, qui le distingue de ce qu’il signifie? Notons d’abord, à ce
sujet, que Karl Barth remarque, pour sa part, que la rencontre des oppositions,
chez Schleiermacher, se produit en un point indistinct, qui n’est jamais
réellement explicité ou définit.
1[7] Mais,
est-ce réellement le cas? -Nous croyons qu’une réponse à ce
problème se trouve esquissée, partiellement, dans la
Dialectique de
1814-1815, et qu’elle permet à Schleiermacher d’éviter,
en partie, le danger de panthéisme qui lui est si souvent attribué.
1[8]
Dans la
Dialectique de 1814-1815, Schleiermacher réfute lui-même
le danger de panthéisme. On ne peut, dit-il, concevoir notre relation à la
déité de la même manière que l’on comprend
le rapport de la force et du phénomène dans l’être.
1[9] Dans
le cas où une telle analogie serait possible, il nous suffirait «d’intuitionner
la déité de manière aussi vivante et immédiate
que nous intuitionnons les genres, ce qui est impossible.»
2[0] À partir
de l’impossibilité d’une telle analogie, Schleiermacher
rejette donc le panthéisme en matière de religion. La religion
ne saurait ainsi reposer sur la structure qu’adopte la philosophie de
la nature qui, selon une perspective purement philosophique, demeure valide,
parce qu’elle ne concerne que le particulier, et non l’absolu.
L’identité de la force et du phénomène ne correspond
donc en aucuns points à l’identité du Christ au Père.
Rejetant donc le panthéisme, selon lequel Dieu et le monde se confondent
parfaitement, Schleiermacher demeure, simultanément, éloigné d’une
tendance théiste, qui consisterait à éloigner le plus
possible Dieu de sa création. Les oppositions ne sont donc pas identiques,
certes, mais elles ne sont pas non plus absolument divisées; bien plutôt,
elles co-existent; «Les deux idées, le monde et Dieu, sont des
corrélats.»
2[1] Le
rapport entre l’immanence et la transcendance n’est donc pas réduit à une
simple identité, ni, non plus, à un divorce simpliste. Pour que
le monde et Dieu soient identiques, il faut que le second partage des qualités
d’espace et de temps avec le premier, ce qui, selon Shleiermacher, n’est
pas le cas. Le monde, en fait, est infiniment divisé, alors que Dieu
constitue l’union infinie de toutes ces divisions. Il demeure donc, tout
de même, entre les oppositions, une différence de taille, qui
doit être prise en compte par le discours théologique. Par-contre,
note Schleiermacher, l’un et l’autre ne peuvent pour autant se
laisser penser séparément.
Pour être en mesure de penser le monde, et d’en produire un savoir,
il nous faut passer par Dieu, et vice-versa; penser l’un sans l’autre
engendre ce que Schleiermacher nomme un fantasme, une pensée vide, un
signe sans signifié. Dieu et le monde doivent donc nécéssairement être
connectés (
Zusammenhang), sans quoi toute exercice de la pensée
devient impossible. Mais, au même moment, cette connexion, nous ne pouvons
la décrire de manière positive, car cela exigerait que nous puissions
expliquer totalement ou bien le monde, ou bien Dieu, ce qui demeure impossible;
Karl Barth a donc, en partie, raison contre Schleiermacher. Dieu et le monde
constituent alors les deux pôles entre lesquels notre conscience oscille
2[2],
incapable qu’elle est de saisir parfaitement ni l’un, ni l’autre.
La conscience du Christ ne peut donc constituer le modèle, ou l’archétype,
de la conscience religieuse des hommes, pas plus qu’elle ne peut être
réduite à celle du Père; en nous, les représentations
de Dieu et du monde demeurent incompatibles avec la co-existence réelle
de ces deux pôles, et le Christ possède donc en lui des caractères
qui le distingue du Père. La gnose schelligienne, d’un Dieu qui
s’abaisse souverainement et librement vers l’humanité
2[3] est
donc, elle aussi, du point de vue de Schleiermacher, fausse, «Car si Dieu
ne peut pas être pensé sans sa déchéance, alors
le bien est conditionné par le mal. Le mal a une réalité égale à la
nécessité de Dieu.»
2[4]
La corrélation comme voie d’évitement du panthéisme
Le concept de corrélation, qu’insère Schleiermacher entre
la divinité et la création, doit nous amener à reconsidérer
attentivement la position de Schleiermacher face au panthéisme. Si,
d’une part, elle lui évite de souscrire à une forme de
gnose, de religion d’élu, dans laquelle Dieu a toute l’initiative,
est-elle réellement, d’autre part, ce par quoi il peut arriver à se
soustraire complètement du panthéisme?
Plusieurs commentateurs, contemporains de Schleiermacher, ont remarqué très
rapidement que dans le premier discours de ses
Discours sur la religion,
Schleiermacher évoque l’existence d’une âme religieuse
absolument subordonnée à l’Univers. Cette subordination
n’a pu manquer d’élever des soupçons de panthéisme,
chez les théologiens allemands, qui ont cru qu’il voulait définir
une âme universelle du monde.
2[5] Or,
Schleiermacher se défend de cette attaque en rétorquant à ses
détracteurs que le panthéisme qui postule une identité entre
Dieu et le monde ne présente aucune affinité avec le christianisme,
et se rattache plutôt à la religion de la nature, telle qu’on
la rencontre chez les grecs de l’Antiquité. Ce que Schleiermacher
prend soin de rejeter, selon nous, c’est une acception matérialiste
du panthéisme; celle qui rattache et réduit une réalité spirituelle à un
processus matériel et physique. Il n’est donc pas question, dans
l’esprit de Schleiermacher, de souscrire à un système philosophique
qui postulerait l’identification de l’homme et de Dieu, ni la subordination
du premier au second. À ce sujet, il nous faut lire attentivement les
explications qu’il présente dans ses deux lettres à Friedrich
Lücke, datées de 1821.
2[6] Schleiermacher
dit d’abord qu’il ne veut point se cacher derrière le fait
que, selon le théologien Nitzsch
2[7],
le christianisme a toujours quelque chose à voir avec le panthéisme
2[8],
qu’il lui est, en quelque sorte, inhérent, parce que le christianisme
enseigne selon lui que ce qui est naturel est uni à ce qui se trouve
au-delà de lui-même.
2[9] Contre
cette réduction du christianisme au panthéisme, Schleiermacher
postule que ce panthéisme constitue une philosophie qui ne peut être
réconcilié au christianisme.
3[0] D’autres
critiques, tel que Karl Gottlob Bretschneider, ont accusé Schleiermacher
de dépendre entièrement de la philosophie de Schelling
3[1],
parce que, disent-ils, tous deux définissent le développement
de l’humanité comme étant l’évolution de la
personne de Dieu dans le monde, et l’opposition entre Dieu et l’individu
comme un péché. Schleiermacher rejette cette accusation en précisant
que les termes de monde et de péché, tels que les utilise Bretschneider,
ne lui appartiennent pas, et que leur usage constitue une trahison de sa pensée.
La critique d’un schellingianisme implicite chez Schleiermacher demeure
donc superficielle puisque Schleiermacher est toujours demeuré critique
de l’idéalisme absolu, et de sa trop grande confiance en une réunion
possible totale et finale, des oppositions par la dialectique.
3[2] De
plus, nous croyons que la critique de Bretschneider est en fait déjà contrée
en 1814-1815, dans les brouillons sur la dialectique, lorsque Schleiermacher
explique, en effet, que l’on ne peut considérer Dieu et les concepts
de temps et d’espace sur le même plan. Il ne saurait donc y avoir,
selon lui, un développement de la personnalité de Dieu dans l’espace-temps
du monde créé. Le rapport d’identité entre Dieu
et le monde n’est donc pas une option dans l’optique de la théologie
de Schleiermacher. Le concept de corrélation impose, en fait, une relation
beaucoup plus complexe entre ces deux pôles. Selon celui-ci, le monde
ne peut être identique à Dieu, d’une part; mais, simultanément,
il ne lui est pas non plus opposé, ni complètement détaché.
Dieu n’est donc pas rejeté au rang d’une simple cause extra-mondaine,
distante, et retirée du monde. D’autre part, rien en Dieu ne peut être
opposé, divisé, ou même séparé, ce qui signifie
que l’Infini, qui est Dieu lui-même, ne peut donc être le
fondement de l’être de toutes choses créées, comme
l’avance le panthéisme. Dieu ne peut donc, encore une fois, se
confondre au monde. Il est alors impossible, du point de vue de la théologie,
d’assigner au monde ce qui est assigné à Dieu; le polythéisme à l’Antique
est alors invalidé.
3[3]
Dans la
Glaubenslehre, la formule théologique qui correspond
au concept philosophique de corrélation est, selon nous, celui de l’Un
et Tout (
,< 6∀4 Β∀<)
.3[4] La
relation de Dieu au monde, et à l’homme, s’exprime entièrement
dans cette formule. Notons, d’entré de jeu, que la conjonction
nous force à prendre en compte l’interdépendance des deux
termes du couple. Il existe donc une forme d’unité de l’Un
et du Tout, mais celle-ci ne saurait être totale, car la conjonction
signifie aussi, et simultanément, une distinction entre l’un et
l’autre. La formule rapproche et distance tout à la fois, et il
n’est pas innocent que Schleiermacher parle si souvent d’oscillation.
3[5] La
relation des oppositions est, en effet, complexifiée par le fait que
Schleiermacher refuse d’absorber l’un dans l’autre et, ainsi,
de faire le jeu de l’idéalisme absolu. Schleiermacher précise
aussi que l’Un est bien Dieu
3[6];
de cette manière, il nous force à ne pas penser Dieu sans sa
contrepartie qu’est le Tout. La tendance de Schleiermacher, qui consiste à regrouper
systématiquement les attributs négatifs et positifs de Dieu en
paires, trouve alors son explication. Dieu sera ainsi le présent-absent,
le caché-découvert, le proche-lointain, le connu-inconnu. Ainsi,
afin d’éviter un panthéisme trop simpliste, il maintient,
entre les pôles que sont Dieu et le monde, l’Un et le Tout, un
minimum de distance afin de ménager la possibilité pour l’intelligence
humaine de pouvoir formuler des distinctions. Ce sont ces distinctions qui
se trouvent au fondement du savoir sur Dieu. La corrélation qu’exprime
l’,< 6∀4 Β∀< engendre
l’oscillation, si importante dans la dialectique de 1814-1815. Nous croyons,
pour notre part, que c’est cette oscillation qui permet de produire une
différence en ce qui concerne les fonctions respectives de l’Un
et Tout. Nous apercevons donc que la démarche de Schleiermacher, quant
au danger de panthéisme, ne vise pas à réfuter toute forme
de panthéisme. Julia Lamm a fait remarquer que la formule de l’Un
et Tout, qu’utilise Schleiermacher, lui permet plutôt de complexifier
le débat.
3[7] Déjà,
dans ses
Discours sur la religion, le panthéisme lui apparaît
comme un système métaphysico-théologique beaucoup plus
raffiné qu’on ne l’entend en général. La référence
enthousiaste à Spinoza apporte justement des nuances à certains
commentaires anti-panthéistes de Schleiermacher; l’Un et Tout
n’est donc pas une formule qui le soustrait totalement de cette philosophie.
Elle permet plutôt de formuler un autre type de panthéisme, pour
lequel il n’est d’ailleurs pas accusé. Au lieu de souscrire à une
formulation matérialiste du panthéisme, Schleiemacher tend peut-être
vers ce que nous pourrions nommer un panthéisme spirituel, voire mystique.
Sur cette question, il nous faut souligner que Wilhelm Dilthey a fait des rapprochements
entre ce qu’il appelle le panthéisme mystique de Spinoza, et la
pensée de Schleiermacher.
3[8] De
notre côté, nous sommes tenté de retenir la formule de
Dilthey, en faisant valoir, en plus, la tendance oscillatoire, dynamique, de
la relation entre la divinité et le monde; ce mouvement offre la possibilité à Schleiermacher
de penser Dieu à la fois comme celui qui est plongé
dans le
monde, ce que nous nommons, avec Rudolf Otto, l’Infini
dans le
fini et, simultanément, comme celui qui est tout simplement
avec le
monde, c’est-à-dire l’Infini
du fini
3[9],
qui tire, à partir de sa transcendantalité, le monde vers le
haut. Dieu serait ainsi le transcendant-transcendantal.
4[0] En
ce sens, nous devons nous rappeler que la toute première indication
de son penchant pour Spinoza se trouve dans le
Spinozismus de 1793-1794,
dans lequel il explique que l’Infini est la cause première de
l’existence du fini, et qu’il retrouve cette dépendance
originelle du monde pour un principe qui lui est supérieur chez Spinoza.
4[1] Au
même moment, par-contre, Schleiermacher prend soin d’expliquer
que l’Infini ne peut pas non plus exister hors du fini. La corrélation
est donc une manière dynamique de penser la relation de Dieu au monde,
une façon toute empreinte de mobilisme, et pour cette raison, nous comprenons
Schleiermacher comme un penseur du
double-bind, de l’aller-retour
incessant entre les oppositions.
Conclusion
Loin de résoudre une fois pour toute la question du panthéisme
donc, les concepts de corrélation, et de
double-bind, contribuent
donc à sa reproblématisation autant qu’à son approfondissement.
Schleiermacher va-t-il jusqu’à situer ce
double-bind au
sein même de Dieu? Jacques Derrida rappelle, à ce propos, que
celui-ci se trouve non seulement dans la loi, mais qu’il se retrouve
aussi en Dieu,
4[2] et
qu’il nous faut suivre ses conséquences jusqu’en son nom.
Dans ses
Discours sur la religion, Schleiermacher mentionne le fait
que le niveau le plus élevé de religiosité consiste à entrevoir
l’unité dans la multiplicité, mais est-il, par conséquent,
tolérable, de son point de vue, d’intérioriser cette multiplicité en
Dieu ? Ou bien, pour reprendre cette problématique en des termes plus
strictement philosophiques, serait-il légitime de placer Schleiermacher à l’intérieur
de la tradition qui postule, depuis Héraclite,
l’,< ∗4∀Ν,Δ≅< ,∀Λϑ≅,
la multiplicité dans l’unité, ce que Hölderlin, de
son côté, nomme, dans son
Hypérion, le « différencié en
soi »
4[3], et qui
consiste en l’aménagement intrinsèque, intra-trinitaire,
d’une distance - trouée, brèche, interstice -, qui n’est
pas présentée comme une lacune, mais bien comme une chance d’amorcer
le discours esthétique et religieux, l’oeuvre d’art et le
rituel. La corrélation entre les pôles d’oppositions peut-elle être
viable en Dieu, comme elle l’est dans la relation de la divinité à la
création? Schleiermacher ne serait-il pas plutôt un tenant du « différencié pour
soi »?
Le panthéisme, tel que se le représente Schleiermacher, ne peut être
considéré comme une religion, il ne peut être en effet
qu’une partie de la religion, mais une partie non-négligeable,
si on l’entend d’une manière toute particulière.
Il ne doit être ni un matérialisme, comme cela est trop souvent
le cas - Schleiermacher vise alors le panthéisme des Lumières
allemandes -, ni une négation radicale du théisme. Évitant
ces deux gouffres, le panthéisme peut alors recevoir une place au sein
même de la religion. Sa valeur consiste d’abord, tout comme la
piété chrétienne, à s’opposer à toute
forme d’athéisme. Ensuite, le panthéisme de l’Un
et Tout exprime, d’une façon élégante, la relation
entre le monde et Dieu, relation qui englobe, du même coup, la relation
des êtres humains à la nature. Celle-ci nous inclut en tant qu’une
partie du tout, qu’est la nature, une
:≅Δ4∀.
Cette relation entre le tout et la partie serait ce
double-bind en soi,
lequel énonce une réciprocité entre l’humanité et
le monde. Cette dernière contient, à son tour, une autre scission,
au sein de laquelle nous retrouvons notre double état de dépendance
et de liberté face à la nature; elle est, elle aussi, exprimée
comme une corrélation infinie. Nous serions alors tentés de nommer
cette forme de panthéisme, un panthéisme oscillatoire, difficile à distinguer
du monothéisme chrétien. Le principe transcendantal y est posé,
clairement, et toujours entrevu dans sa relation avec l’immanence, sans
pour autant régresser vers l’épistémologie kantienne
du noumène et du phénomène, ou bien, encore, tomber dans
le piège fichtéen qui consiste, radicalement, à éliminer
le noumène. Le panthéisme de Schleiermacher ne consiste donc
pas en un matérialisme abusif, en une divinisation mythologique de la
nature, ni, non plus, en un idéalisme trop prononcé, comme c’est
le cas chez Fichte. Dieu, le monde et l’être humain se « résolvent »,
dira Schleiermacher
4[4],
les uns dans les autres; c’est ce qu’il nomme une « connexion » (
Zusammenhang),
c’est-à-dire l’expression d’une coexistence des trois,
une connexion vivante et mobile, opposée à la relation plus statique
que formule Schelling entre Dieu et le monde. Dans son exposé philosophique
de la relation complexe de Dieu au monde, Schleiermacher demeure, en effet,
très critique de l’option schelligienne selon laquelle Dieu est
le modèle et le monde, sa copie,
Urbild und Abbild. Dans l’ordre
du panthéisme, Schleiermacher accorde donc plus d’importance au
terme empirique de monde que ne le fait Schelling.
4[5]
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Résumé.
Les accusations de panthéisme envers Schleiermacher ont connu leur apogée
en 1821, année de la publication de sa Glaubenslehre. Nous verrons
que si, d’une part, Schleiermacher tente de contrer les théologies
de tendance théiste, il veut, simultanément, éviter les
dangers de panthéisme. Pour ce faire, il adopte, à partir de
1814-1815, dans ses brouillons sur la dialectique, le concept de corrélation,
dont nous verrons qu’il fait en sorte de placer entre l’homme,
le monde et Dieu un double-bind, une relation simultanée de rapprochement
et d’éloignement.
Accusations of pantheism directed at Schleiermacher were most violent in 1821,
the same year the Doctrine of Faith was published. In this article we
will see that if Schleiermacher takes a stand against theistic theologies,
he also wants to avoid the dangers of pantheism. In his dialectic of 1814-1815,
he adopts the concept of correlation which inserts between man and his God
a double bind, that is, a simultaneous relation of intimacy and distance.
[1]Cité in Maurice
Blanchot,
L’espace littéraire, Paris, Gallimard, Folio
Essais, 1955, p.374.
[2]Der Christliche
Glaube nah den Grundsatzen der Evangelischen Kirche im Zusammenhange dargestellt, 2
vols., édition de Hermann Reiter, Berlin, Walter de Gruyter, 1984,
seconde édition, (1830-1831), 2 vols.
[1]1Un théologien
post-nicéen.
1[2]Adolf von Harnack,
1993, pp.165-176.
[0]
1[4]Voir sur ce sujet,
George Di Giovanni, « From Jacobi’s Philosophical Novel to Fichte’s
Idealism. Some Comments on the 1789-1799 « Atheism Dispute » »,
Journal
of the History of Philosophy 27, January 1989, pp.75-100.
1[5]On verra le
Parménide de
Platon, la quatrième hypothèse; “Si l’un existe,
que s’ensuit-il pour les autres choses?”
1[6]Voir à ce
sujet le très bel ouvrage de Antonia Soulez,
La grammaire philosophique
chez Platon, Paris, P.U.F., 1991, p.154-157.
1[7]Jacques Derrida,
La
voix et le phénomène, Paris, Presses universitaires de
France, 1967, chapitre III, « Le vouloir-dire comme soliloque »,
pp.34-53.
1[8]Andrew Bowie, éd.,
Schleiermacher.
Hermeneutics and Criticism. And Other Writings, Cambridge, Cambridge
University Press, 1998, pp. xxviii-xxxi.
1[9]Évangile
selon Jean, 14,9.
1[3]Alister McGrath,
pp.148-152.
1[4]Schleiermacher,
Glaubenslehre,
deuxième édition, p.320. C’est nous qui traduisons.
1[5] Voir Christian
Berner,
La philosophie de Schleiermacher, pp.165-168.
1[6] Le problème
de l’expression poétique, comme fidélité à Dieu,
et au sacré en général, ne peut être traité ici,
car il déborderait de beaucoup notre propos. Voir, à ce sujet,
Morgan Gaulin, « Vers une philosophie poétique », in
Dire,
volume 12, numéro 1, janvier-février 2003, pp.12-14.
1[7]Karl Barth, 1982,
pp.253-254.
1[8]Le panthéisme
de Schleiermacher est un problème qui demeure encore aujourd’hui
d’une très grande difficulté. Nous renvoyons ici notre
lecteur aux précisions qu’apporte Richard Crouter, in «Rhetoric
and Substance in Schleiermacher’s Revision of
The Christian Faith (1821-1822) »,
Journal
of Religion 60, no.3, July 1980, pp.285-306.
1[9]Friedrich Schleiermacher,
Dialectique,
Paris, Cerf, 1997, p.148, #184. Éd. Arndt, #184. La traduction française
de Berner et Thouard reprend la numérotation de l’édition
allemande d’Andreas Arndt pour les textes de 1814-1815, Andreas Arndt,
Dialektik
(1814-1815), Hambourg, Meiner Verlag, 1988. Pour les fragments des autres
années, nous donnerons aussi la référence de l’édition
allemande de Ludwig Jonas,
Dialektik. Aus Schleiermachers handsschriftlichem
Nachlasse, Berlin, Reimer, 1839.
2[0]Ibid, p.148, #184.1, éd.
Arndt, #184.1.
2[1]Ibid, p.194, #219, éd.
Arndt, #219.
[2]2Le terme d’oscillation
est important car il distingue Schleiermacher de Fichte. Le dernier, en effet,
parle plus volontiers, et plus directement, d’imagination, alors que
Schleiermacher préfère employer les concepts d’oscillation
et de flottement, qui sont, pour leur part, beaucoup plus dynamiques. Voir à ce
propos, Christian Berner,
La philosophie de Schleiermacher, Paris, Cerf,
1997, p.145.
2[3]Voir Schelling,
Philosophie
de la révélation, le tome III.
2[4]Schleiermacher,
Dialectique,
p.200, #225, éd. Arndt, #225.
2[5]Entre-autre, le
théologien Heinrich Gottlob Tzschirner, un contemporain de Schleiermacher.
2[6]Schleiermacher,
On
the Glaubenlehre. Two Letters to Dr. Lucke, traduction de James Duke
et Francis Fiorenza, Georgia, Atlanta, Scholars Press, 1981. Ce texte n’a
fait l’objet d’aucune traduction en langue française.
Nous donnons aussi les références de l’édition
allemande de Traulsen comprise dans les oeuvres complètes
KGA,
1-10, 307-394.
2[7]Un contemporain
de Schleiermacher.
2[8]Schleiermacher,
On
the Glaubenslehre, p.47, éd. Traulsen, p.22.
2[9]Ibid, p.113, note
77. Aucune référence à l’édition allemande.
3[0]Ibid, p.48, Traulsen,
p.23.
3[1]Ibid, p.48, Traulsen,
p.23.
3[2]Le problème
du rapprochement entre Schelling et Schleiermacher demeure irrésolu
sur plusieurs points. Voir les développements de Christian Berner, op.
cit., 1997, p.230-233.
[3]3Schleiermacher,
Der
Christliche Glaube, deuxième édition, #4.2.
3[5]Christian Berner,
op. cit., 1995, p.145.
3[6]Schleiermacher,
Der
Chistliche Glaube, #30.1.
3[7]Julia Lamm,
The
Living God: Schleiermacher’s Theological Appropriation of Spinoza,
The Pennsylvania State University, 1996, p.103-115.
3[9]Cette formule, « l’infini
dans le fini et du fini », nous l’empruntons à Rudolf Otto,
Mystique
d’Orient et mystique d’Occident. Distinction et unité,
Paris, Payot, 1996, pour la traduction française de Jean Gouillard,
p. 233.
4[0]Nous empruntons
cette formule à Gerhard Spiegler,
The Eternal Covenant: Schleiermacher’s
Experiment in Cultural Theology, New York, Harper and Row, 1967, p.95.
4[1] Schleiermacher,
Spinozismus,
p.40-58.
4[2] Jacques Derrida, « Des
tours de Babel », in
Psyché. Inventions de l’autre,
Paris, Galilée, 1997.
4[3] Voir, à ce
sujet, l’interprétation que fait Eric Santner de cette formule
dans
On the Psychotheology of Everyday Life, Chicago, Illinois, University
of Chicago Press, 2001.
[4]4Schleiermacher,
Dialectique,
p.195, LIV, éd. Jonas, #218.
4[5]Ibid, p.200, #225, éd.
Arndt, #225. Ce jugement, Schleiermacher le formule à partir de sa lecture
de l’essai
Philosophie et religion, publié par Schelling
en 1804.
