Michel Paty, qui est aussi scientifique et, plus
précisément physicien, a beaucoup produit en histoire des
sciences. Son dernier ouvrage, La physique au 20e siècle (1) qui est destiné à la vulgarisation,
représente, en fait, une résultante mûrie, pour ainsi dire,
de ses travaux sur le siècle qui vient de s’écouler et dont
on peut dire, en fin de compte, qu’ils constituent sa préoccupation
principale tant sur le plan de leur ampleur que sur celui de leur
précision.
D’autre part, nous pensons que l’examen et
l’appréciation d’une histoire des sciences, en
général, obéissent à trois axes différents
qui sont :
a) Une orientation verticale qui correspond à son
objet, au contenu scientifique qu’elle traite. C’est ainsi
qu’il y a des histoires qui s’occupent d’une seule
spécialité scientifique comme la biologie, les
mathématiques, la physique nucléaire..., comme il existe des
historiens dont l’intérêt est plus général,
plus complet, etc...
b) Une autre qui est horizontale et qui concerne la
méthode utilisée. On sait que les procédés
historiques sont nombreux et variés. Citons-en notamment, ceux qui
s’arrêtent aux bilans scientifiques et ceux qui, en plus, en
recherchent les racines, etc...
c) Une troisième qui intéresse
l’existence d’une volonté, ou son absence, de comprendre
l’histoire, d’en dégager une philosophie, une
épistémologie. Il y’a, en effet, des historiens qui croient
leur devoir accompli après avoir déterminé les
résultats et cherché leurs origines ; mais il s’en
trouve d’autres qui, comme Gaston Bachelard, par exemple, sont
portés plutôt à en tirer des conclusions
épistémologiques. Nous appellerons cette perspective
« diagonale » conformément aux dictionnaires Larousse
et Robert (2), etc...
Dans cet essai, nous comptons estimer
brièvement le concept d’histoire des sciences chez Paty tel
qu’il se manifeste dans son livre de maturité, La physique du
20e siècle , en nous plaçant sur les trois plans
indiqués. Notre attention sera portée sur la teneur de
l’ouvrage en question, mais nous essaierons aussi de le situer rapidement,
faute de mieux, au moment opportun, dans l’œuvre de
l’écrivain et dans le champ historique.
Toutes les branches fondamentales de la physique du
20e siècle sont étudiées dans le livre de Paty.
D’autres y sont considérées
également.
a) C’est ainsi que la théorie de la
relativité avec ses deux étapes (Relativité restreinte et
relativité générale) occupe le deuxième chapitre de
l’ouvrage.
b) La science quantique, second pilier de la physique du
vingtième siècle, couvre les chapitres 3 et 4. On expose les
résultats généraux de cette discipline, puis on y
réfléchit.
Après quoi, l’auteur
s’intéresse à deux sections de la physique en étroite
relation avec la science quantique, en l’occurrence, la physique
nucléaire et celle qui concerne les particules. Il s’agit de deux
physiques qui tendent à converger malgré les différences
(3).
c) Le chapitre 6, intitulé : « Matière
subatomique 1.Dans le noyau atomique » a trait à la physique
nucléaire.
d) Le texte s’intitulant :
« Matière subatomique 2.Les champs fondamentaux et leurs
sources » porte plutôt sur les particules
élémentaires.
e) Mais M.Paty paraît vouloir
s’intéresser même aux détails de la physique du
20e siècle (et pas seulement aux branches physiques qui ont
profondément marqué l’époque). Le chapitre 8,
intitulé « Systèmes dynamiques et
phénomènes critiques » nous renseigne bien sur cette
volonté qui anime notre écrivain. Le texte de Paty évoque
des sujets qui intéressent « les physiciens, mais aussi les
techniciens, les industriels et le public en général »
comme :
- La théorie des systèmes dynamiques non
linéaires, où on traite des phénomènes difficiles
à prévoir avec précision et qui relèvent, par
conséquent, du « chaos déterministe ».
L’auteur cite, à ce niveau, la météorologie et la
biologie des populations, etc...
- Les phénomènes critiques
qui se caractérisent par une discontinuité apparente, entre les
diverses phases et intéressent, par exemple, la thermodynamique,
l’électromagnétisme, etc...
- Les quasi cristaux qui
sont formés dans certains alliages et nous obligent à
reconsidérer nos conceptions usuelles relatives à l’ordre
cristallin et sa définition.
- Les objets fractals, intimement
liées à une « géométrie
fractale » qui permet de rétablir de l’ordre, dans des
formes apparemment désordonnées, mais qui, en fait, renvoient
à des régularités sous-jacentes se situant à
diverses échelles (4).
Cependant Paty va essayer de chercher la
physique dans d’autres sciences où elle exerce de
l’influence, où elle est utilisée d’une façon
ou d’une autre. Il a déjà exprimé cette intention
dès le début de son ouvrage. Il l’a fait également au
début du chapitre 9 en notant, en particulier, que la physique entretient
des rapports directs avec de nombreuses autres sciences qui sont distinctes
d’elle par leurs objets et leurs méthodes (5).
De toutes
façons, l’auteur consacre, effectivement, à cet aspect
interdisciplinaire les chapitres 9, 10,11 et 12.
a) Le chapitre 9 se
chargera, essentiellement, d’une science apparemment, indépendante
de la physique, la science de la terre. On y traite, par exemple, de
l’histoire de la terre, de la géologie de la planétologie,
etc...
b) Le chapitre 10 étudiera l’astronomie et
l’astrophysique dont le rapport avec « la science
fondamentale », la physique, est plus immédiat, plus
évident. On y définit la nouvelle astronomie, celle du
20e siècle, on y examine « les planètes
extraordinaires », on y montre le rapport
« crucial » de la nouvelle astronomie avec la
relativité générale, etc...
c) Le chapitre 11 est
réservée à la cosmologie contemporaine (On n’est pas
loin du contenu précédent). On y parle de la gravitation dans ses
rapports avec la cosmologie, de l’expansion de l’univers qui ne
serait pas, dans ce cas, comme on peut le croire, statique, mais bien
plutôt dynamique, de la théorie du big-bang (très
discutée aujourd’hui), de la relation (relativement
inédite), entre la cosmologie du XXe siècle avec la physique
nucléaire et celle des particules, etc.
d) Le douzième
chapitre, qui est d’allure épistémologique, la question
traitée aidant, intéresse surtout la biologie et, en
général, le problème des origines avec ses
différentes acceptions : origine de l’homme, de la vie, de la
terre... On y trouve la solution à plusieurs questions épineuses
et importantes comme celles relatives à :
- L’origine de
l’homme (en tant que corps et comme pensée)
- L’origine
de la vie, en évoquant notamment la dimension
physico-chimique.
- L’origine de l’univers en tant que
tel
On peut
déduire de ce qui précède, aisément, qu’en
fait, il ne s’agit pas seulement d’une histoire de la physique du
XXe siècle, mais plutôt d’une histoire de la science du XXe
siècle en général. Cette transposition est, en
réalité, tout à fait légitime comme il ressort bien
de nos analyses antérieures : La raison est
l’interdisciplinarité scientifique où la physique joue le
rôle de pivot, pour ainsi dire.
Cette conclusion n’est pas,
d’autre part, étonnante lorsqu’on sait que Paty s’est
beaucoup concentré sur la science du siècle dont s’occupe
son dernier livre. Celui-ci est, en effet, sur ce plan, une sorte de
résumé de ses travaux précédents, où la
relativité était l’objet d’un ouvrage important (dont
l’auteur est particulièrement fier), où la physique
quantique et les sciences qui lui sont liées occupent une
préoccupation essentielle. D’un autre côté, la
cosmologie (et nécessairement aussi l’astrophysique et
l’astronomie) et la biologie ne sont pas étrangères à
la pensée antérieure de Paty. Enfin, il arrive à notre
auteur de s’intéresser à des phénomènes
physiques généraux (6).
Ce qui frappe, dans cet ouvrage
de Paty, est qu’on y recherche les racines les plus lointaines des
résultats scientifiques exposés. Contentons-nous ici, faute de
mieux, de donner quelques exemples :
a) La relativité :
Pour trouver des raisons empiriques en faveur d’une validation possible du
principe de relativité sur le plan optique et
électromagnétique, on peut lire l’évocation
d’une observation astronomique faite par F. Arago en 1810. Mais
l’auteur nous entraîne plus loin encore, il nous fait parvenir
jusqu’au 18e siècle, plus exactement à une
observation astronomique faite par James Bradely et concerne
« l’aberration des étoiles »
(7).
b) Physique atomique : Sur ce plan, la descente aux origines est
double :
- On va vers les sources positives de la genèse
rationnelle et empirique des atomes. On arrive jusqu’aux grecs et leurs
conceptions de l’atome, on cite le 17e siècle et
l’on arrive à Rutherford sans oublier l’évocation des
diverses expériences qui ont confirmé l’existence effective
de l’atome et la constitution interne du noyau.
- On invoque
également les obstacles qui auraient freiné le
développement de cette science. On cite, à ce niveau, le
positivisme et l’énergétisme :
« Sous
l’influence des idées positivistes et des doctrines
énergétiques, les physiciens ne s’étaient
guère intéressés, vers la fin du 19e siècle, à la structure atomique de la matière qui avait
cependant fait son chemin à travers la chimie et la
cristallographie » (8).
c) Les systèmes dynamiques :
Pour expliquer les systèmes dynamiques de 1970, on retourne à des
travaux de Poincaré faite en 1890, relatifs à sa théorie
des équations différentielles (9).
Si, dans cette histoire
des sciences que pratique Paty, le passé, même lointain, est pris
trop au sérieux (ce qui est quasi habituel chez les historiens des
sciences), le futur non plus n’est pas omis (Ce qui est moins familier
chez les praticiens de cette discipline). Notre écrivain entend
s’ouvrir sur l’avenir. Il l’a, d’ailleurs, noté
dans le premier chapitre de ce livre. Il l’a dit aussi dans
L’avant-propos où on peut lire : « Le
quatorzième et dernier chapitre reprend quelques leçons du
parcours effectué, et esquisse brièvement quelques interrogations
sur ce que seront peut-être ou non, les sciences et la physique au XXIe
siècle. »(10)
Paty se réfère donc au
dernier chapitre de son ouvrage. Reportons-nous à ce texte pour y
détecter, si cela est possible, – car il s’agit d’un
texte essentiellement d’allure épistémologique, où la
teneur scientifique n’est pas entièrement apparente – les
grandes directions de la science physique relative au siècle qui
commence.
a) La
science : L’auteur insiste, dans son texte, sur une orientation
générale quasi évidente qui intéresse le
progrès de la science, en disant, en substance, que les connaissances
scientifiques déjà acquises au cours du XXe siècle seront
complétées, mais précise que nous ignorons le contenu
précis de ces compléments (Ce qui est moins évident).
D’ailleurs cette difficulté de prévoir la substance
scientifique future se précisera par la suite « ...les
connaissances de demain se présentent pour une part comme la suite et le
développement de celles d’hier...» (11)
b) La
technique : Mais la science pour Michel Paty ne va pas sans technique
– et l’on reviendra à ce rapport dans nos prochaines
analyses. Il pense à ce propos, que les applications techniques de la
physique théorique continueront à faire jour, qu’il y aura,
probablement, la construction d’appareils fort perfectionnés pour
explorer la matière subatomique et cosmique.
« Cette
dimension (Il s’agit du rapport de la science avec la technique)
concrète est apparue au fil des chapitres et elle continuera de
caractériser la physique future. Elle a partie liée à ce
caractère de la physique d’être orientée vers le monde
de se rapporter à des phénomènes, et d’être,
par là, une phénoménotechnique selon le mot de Gaston
Bachelard » (12).
c) La connaissance humaine : Mais tout cela
influera sur notre manière de connaître, sur notre façon de
penser. Telle est toujours l’influence de la science sur l’esprit
humain et son fonctionnement. Paty n’a pas manqué de voir cette
vérité dans le chapitre qui nous occupe. Il dit, en effet, par
exemple :
« La physique n’est pas terminée.
Elle est en élaboration, en transformation, et contribue à former
la pensée humaine dans sa saisie rationnelle du monde et de ses formes...
La connaissance scientifique est, elle aussi, le fruit d’une genèse
au long du temps, cette fois dans l’ordre des cultures »
(13).
On peut conclure, aisément, des analyses
précédentes que l’histoire des sciences, comme elle se
laisse voir dans La physique du XXe siècle, utilise une
méthode mixte en ce sens que, d’une part, elle étudie les
racines les plus éloignées des exposés scientifiques, et
que, d’autre part, elle s’intéresse au futur de
l’activité de la science en essayant d’en indiquer les
grandes lignes.
Nous ne pensons pas du tout que ce dualisme
méthodologique soit étranger à la pensée de Paty
telle qu’elle se présente dans ses écrits antérieurs,
mais elle est plus manifeste dans le présent ouvrage. En fait, notre
auteur illustre a toujours cherché à préciser
l’origine de la science et ses développements (14).
a) La mathématisation :
Appliquée à la physique quantique, cette opération sur
laquelle on insiste toujours en parlant de l’épistémologie
de la physique, éloigne pour Paty, davantage de l’intuition
ordinaire grâce à son degré d’abstraction très
poussée.
« Cependant, le nouveau formalisme
mathématique auquel elle devait cette fécondité (Il
s’agit de la physique quantique) se présentait d’une
manière plus abstraite et éloignée d’un
« sens physique » directement
« intuitif » que les théories physiques
antérieures (mécanique, électromagnétique,
relativité, thermodynamique.) »(15)
-Soulignant
l’importance des mathématiques dans la physique du 20e siècle en général, l’auteur va jusqu’à
dire que leur rôle est constitutif dans cette science. Il nous fait
rappeler, ainsi, toutes proportions gardées, leur fonction chez Platon et
Kant, comme nous l’avons déjà montré.
(16)
« Telle est, sans doute, la raison profonde du rapport
privilégiée (c’est, en vérité, un rapport de
constitution) entre la pensée physique et la pensée
mathématique... »(17)
-Elargissant davantage son champ
d’investigation, notre auteur trouve que l’usage des
mathématiques signifie, essentiellement, le rôle de la
pensée rationnelle dans la connaissance scientifique. Cette idée
est très claire au début du quatorzième
chapitre.(18)
b) Le réalisme
-D’autre part, notre
écrivain n’oublie pas de parler de l’autre aspect, souvent
évoqué en traitant la philosophie de la physique ; il
s’agit de son réalisme et du rôle de
l’expérience dans son fonctionnement.
-Paty montre,
d’abord, en pensant surtout à la physique des quanta, que ce
réalisme est mis en cause. Il évoque, à ce propos, à
sa façon, la grande querelle, bien connue, entre Einstein et
l’école de Bohr.(19)
« Cette philosophie (il est
question de celle de l’école de Bohr) de la connaissance, ayant sa
référence première dans l’observation, déniait
la notion de réalité physique indépendante. Par exemple,
Heisenberg déclarait que la physique ne concerne pas des
« objets réels » mais « le couple
inséparable objet-sujet, et qu’elle ne concerne pas la nature, mais
notre façon de la comprendre. »(20)
c)L’unité
de la science :
-Enfin pour justifier l’approche
interdisciplinaire qu’il a défendue, l’écrivain met
l’accent sur l’unité de la matière (ou de la science,
les deux termes sont équivalents), en disant par exemple :
« L’unité de la matière, principe
post-copernicien, qui est au soubassement de la science contemporaine, nous fait
concevoir que les connaissances scientifiques s’enchaînent et
dépendent les unes des autres. »(21)
a) Objectivement, l’histoire des
sciences comme l’entend Paty, dans cet ouvrage, a une double
face :
- Elle est régie par la continuité (dont on ne
peut pas douter, bien entendu). Cette idée ressort d’ailleurs des
analyses précédentes.
"De ce présent où nous
sommes, informés d’un passé encore tout chaud, palpitant,
dont nous pouvons discerner les grandes lignes qui en structurent la
signification, tournons-nous cette fois vers le futur... les
lignes du passé, évoquées dans les chapitres qu’on
vient de lire, s’y prolongent assurément " (22).
- Mais la
rupture et la discontinuité sont présentes également (Ce
qui est, en général, normal aussi).
« C’est,
en effet une autre leçon à retenir de ce parcours, qui correspond
à « l’avenir de la pensée dont nous parlions...
que les connaissances ainsi acquises n’étaient pas données
au départ et qu’elles ont été objet de
découvertes et, pour tout dire,
« d’invention », « d’invention
créatrice. »(23)
b) Cependant subjectivement,
c'est-à-dire au niveau du travail de l’historien voulant saisir le
passé de la science et son avenir, les choses ne sont pas si simples que
cela.
-En effet, pour Paty, en matière de connaissance en
général, et surtout, lorsqu’il s’agit du savoir
proprement scientifique, le passé ne nous est pas immédiatement
accessible dans sa précision ; quant au futur, il ne nous est pas
entièrement prévisible.
À
propos du
passé, on peut lire, par exemple : « La
compréhension des raisons profondes des contenus de nos connaissances
(entendez passées) nous vient, en définitive, à mesure que
celles-ci progressent, autrement dit : le sens advient au passé du
futur. »(24)
Concernant le futur, il est dit :
« Nous savons aussi que ce que nous ne connaissons pas peut être
tout autre que ce que nous imaginons aujourd’hui. »(25)
En
définitive, pour Paty, le progrès scientifique justifierait la
continuité et la discontinuité objectives, mais un historien des
sciences placé à un moment donné de
l’évolution de la science serait incapable de déterminer le
passé immédiat et l’avenir avec
exactitude.
Par conséquent,
l’histoire des sciences chez Paty, dans cet ouvrage, est tout à
fait consciente de ce qu’elle cherche, c’est une histoire
épistémologique.
Cette caractéristique de
l’histoire des sciences, chez notre auteur, se retrouve dans son
œuvre antérieure.
-D’abord,
l’épistémologie en général a toujours
été sa visée ultime. Cette recherche constitue, en effet,
une dominante dans tout ce qu’il a présenté au public
concernant l’histoire des sciences.(26)
-Ensuite, les idées
constitutives de l’épistémologie contenue dans ce livre,
sont éparpillées dans ce qu’il a écrit auparavant,
avec les mêmes significations à peu près.(27)
-On
comprend alors pourquoi Paty se dit surtout « philosophe des
sciences ». La physique du 20e siècle et
toute son œuvre le confirment pleinement.
Ainsi donc l’histoire des sciences dans La Physique
du 20e siècle de Paty, qui, au fond, représente sa
pensée dans ce domaine est :
a)Une histoire des sciences du
20e siècle : de cette manière, elle se distingue
de ces histoires « monodisciplinaires » qui s’occupent
d’une seule science, à une époque donnée. Elle
rejoint, par exemple, d’une certaine façon, celle que Taton a
tendance à pratiquer. (28)
b)Une histoire portée vers la
recherche des origines et s’ouvrant sur le futur : On retrouve, ici,
la grande majorité des historiens des sciences qui, en
général, examinent les racines des vérités
scientifiques qu’ils étudient. En ce qui concerne l’ouverture
sur l’avenir, c’est moins universel. Le modèle le plus
proche, sur ce plan, est celui d’Einstein dont le concept d’histoire
est, comme nous l’avons déjà montré, ouvert sur
l’avenir. (29)
c)Une histoire des sciences
épistémologique : A ce niveau Paty est différent de la
plupart des historiens des sciences qui, dans le meilleur des cas, se contentent
de relater les racines de la science dont ils s’occupent. D’autre
part, il est autre que T.Khun dont la philosophie des sciences ne repose pas sur
une histoire des sciences apparente et explicite. Par contre, notre auteur
serait proche de BACHELARD dont l’épistémologie à
partir de l’histoire des sciences est connue, et d’Einstein qui a
toujours tiré une philosophie de sa lecture de l’histoire. De toute
façon, notre auteur a toujours été passionné de
l’un et de l’autre.(30)